La crise économique et la crise politique : 1ère partie.

Il me semble intéressant de tenter de faire un point sur les causes de la crise du point de vue politique et technique à la fois. Qui a pris les décisions qui ont pu nous mener là ? Quelles ont-été ces décisions ? Je tente ici de faire le point, je ne prétends pas être exhaustif ni ultra-précis sur certains points. Par contre j’essaye d’être à la fois juste et simple. Exposer de la manière la plus claire possible quelque chose de compliqué, je ne sais pas si j’y réussis…mais j’aurais essayé.

On l’a vu dans un des articles précédent, la collusion entre Wall Street et les officiels de Washington DC sont ce qu’il y a de plus choquant dans cette crise. Le rebond actuel des bourses semble en effet être dû aux chèques en blanc distribués aux banques : le plan Geithner, comme on l’a vu, offre aux détenteurs de toxic assets la possibilité de siphonner les poches du contribuable . Dans le même temps, l’abolition des quelques règles qui obligeaient à une certaine transparence concernant ces produits problématiques, va permettre aux banques pourries de présenter un bilan potable. Tout cela se fait aux frais du citoyen américain qui devra à l’avenir rembourser toutes ces sommes colossales allouées aux banquiers.

Se méfier des solutions miracles

Les piliers de la société, de l'allemand Grosz

Les piliers de la société, de l'allemand Grosz

Aujourd’hui, que ce soit en Europe ou aux États unis la rengaine est la même : « le libéralisme, l’ultra-libéralisme sont les grands coupables de cette crise ». La solution serait donc un revirement à gauche toute : en France, le militant trotskyste Besancenot est ainsi devenu l’une des personnalités préférée de la population. Il est probable que le FN profitera aussi de cette crise : en cas d’événement grave, il est courant que devant la difficulté d’avoir à réfléchir à des problèmes nouveaux et forts complexes, les gens préfèrent se réfugier dans les pensées pré-faites et pré-mâchées que sont les extrêmes. Que ce soit à gauche ou à droite, l’extrémisme aime racler les solutions faciles qui sont d’autant plus accrocheuses qu’elles évitent d’avoir à se confronter à un monde toujours plus compliqué. Si l’on y regarde de plus près, on s’aperçoit vite que les apparences sont trompeuses : face aux faits véritables, beaucoup  de discours politiques paraissent n’être en fait que  le résultat de vulgaires agitateurs d’opinions. L’opinion, pour rappel, c’est ce que j’appellerais « la pensée paillasson » : c’est au ras du sol, c’est sale et tout le monde est passé dessus trente mille fois. Les ministres de l’opinion, ce sont  aussi les chroniqueurs en tous genres : ceux que vous entendez à la radio, que vous voyez à la TV et que vous parcourez dans les journaux. Si ils ne méprisaient pas leur lectorat, ils éviteraient de diffuser des lieux communs, ils éviteraient de publier leur papier dans des journaux qui se qualifient « d’information ». Ils n’informent pas, ils in-forment et dé-forment. Ils ne critiquent pas le système puisqu’ils sont le système : ils créent la fainéantise et la bêtise en habituant les foules à s’enthousiasmer ou à se choquer pour des faits insignifiants et inintéressants. La grande gagnante dans tout ça, c’est la médiocrité : la culture de la pensée facile et donc le populisme…de gauche ou de droite. La pauvreté de réflexion est devenue une telle habitude qu’elle a envahi presque l’ensemble du champ politique : la forme a partout pris le dessus sur le fond. D’une façon assez comique si l’on excepte certains écolos, il n’y a plus que le centre qui essaye encore  vaguement de faire passer un semblant de message intelligent et mesuré…mais cela durera-t-il ?

La France se croit à part…mouais…

Je ne dis pas ça par révolte, mais il est important d’avoir précisé ces paramètres : cela aidera à comprendre à quel point les débats actuels concernant la crise sont biaisés. Ce que j’ai décrit par rapport au plan Geithner concerne les USA : une première réaction peut donc être « laissons les faire, laissons leurs banquiers piller le contribuable américain, en fin de compte ça ne pourra que profiter à l’Europe ». Cette première réaction c’est celle de tout le monde, c’est celle de l’opinion et c’est surtout celle de Sarkozy dont les pensées ont cette particularité : elles sont faites d’idées préconçues et impersonnelles. Il y a pourtant deux éléments qui devraient inciter à la prudence : premièrement, si les USA continuent à jeter leurs milliers de milliards de dollars dans le puits sans fond qu’est Wall Street, il arrivera un jour où ils se mettront en banqueroute. Ils ne rembourseront alors pas leur dette, ou bien ils le feront avec de la monnaie de singe. Si l’Europe n’est pas le premier détenteur de bons du trésor américain, cela finira néanmoins par nous toucher.

Deuxièmement, je crois qu’il faut relever que c’est une habitude bien française de voir les problèmes d’envergure internationale comme si ils étaient étrangers à la France. Il y a toujours l’idée que notre pays est différent, pourtant la seule chose qui puisse expliquer cette impression, c’est son perpétuel train de retard. On se souvient bien sûr du nuage radioactif de Tchernobyl s’arrêtant à la frontière, mais il n’est pas nécessaire de faire appel à des souvenirs « si lointains ». Souvenez-vous juste de l’été dernier, voire du mois de septembre : la crise financière était américaine, les banques européennes n’étaient pas exposées…etc.  Depuis l’hexagone il y a toujours deux types d’attitude envers les américains. Le français peut tourner son regard vers les USA en étant admiratif de quelque chose qu’il faut en fait éviter à tout prix : l’amour de Sarkozy pour les prêts hypothécaires lors de l’élection de 2007 en est en exemple. Ou alors il contemple les États unis avec mépris : « regardez moi ça, leur système est fou »…et puis deux ou trois années passent et la France arrive au même stade d’absurdité. Ce temps de retard on pourrait l’éviter en prenant conscience que tout ce qui se passe de négatif outre-atlantique est une menace potentielle pour notre pays. Par conséquent, ce plan Geithner ne devrait pas être vu comme une particularité américaine, mais plutôt comme la menace d’un phénomène qui risque de s’inviter chez nous.

Si l’on admet les éléments que je viens d’exposer on peut se dire la chose suivante : « si la France n’a pas fait de plan de relance digne de ce nom, ce n’est peut être que la manifestation de son perpétuel retard… Son risible optimisme sera balayé dans les six mois à venir et c’est à ce moment là que des grosses sommes seront injectées dans différents secteurs». On voit alors bien que le racket du contribuable américain devrait alerter les français. « Quel rapport avec la gauchisation ambiante du débat politique ? » me direz-vous. Hé bien c’est simple : il me semble que ce qui est affiché comme des problèmes découlant du libéralisme est en fait un socialisme perverti. Ce que je veux dire, c’est qu’il faudra se méfier de  potentielles mesures pour la relance qui seront célébrées par les médias de tout bord comme « le retour de l’État » etc. Je vois d’ici les titres de quotidiens comme le monde ou libération magnifiant la fin de l’État fantôme etc : l’interprétation médiatique du G20 a d’ailleurs bien montré la capacité des journalistes à monter des mascarades de ce genre. Pourtant, comme pour le plan Geithner, le potentiel massif plan de relance français à venir pourra n’être en fait qu’un autre hold up du siècle…

Les gens de gauche devraient être alarmés par l’utilisation qui est faite de l’État, pourtant ils préfèrent se laisser bercer dans l’impression que « oui ! ils avaient raison et que oui, aujourd’hui on voit bien que oui, l’État doit avoir un rôle » etc. Une face de fion à la Mélanc(h)on est un bel exemple de ce type de raclure. Plutôt que de monter au créneau pour dénoncer la mauvaise utilisation du concept d’État providence, ces énergumènes préfèrent aller s’auto-féliciter sur les plateaux TV. Ils s’auto-proclament visionnaires. Les journalistes les caressent du coup dans le sens du poil, et ça donne quelque chose de télégénique qui rend tout le monde heureux.

La réalité est néanmoins toute autre : d’une part en France comme aux USA, l’aile gauche a été un grand acteur de la libéralisation des marchés. D’autre part, l’interventionnisme de l’État dans l’économie a contribué à ce que la crise devienne systémique : la dérégulation n’a pas été ASSUMEE. Je précise que je ne suis pas plus de droite que de gauche, je cherche simplement à fournir des éléments qui permettront de mieux comprendre la situation dans laquelle on se trouve à présent : si l’on veut éviter de tourner en rond, il ne faut pas se voiler la face pour éviter certains paradoxes dérangeants.

La gauche française et la bourse : à réfléchir…

En France, la libéralisation boursière est un phénomène qui a été enclenché suite à la crise de 1983… Tenez, le monde diplomatique du mois d’avril rapporte la chose ainsi :

« Une escouade de jeunes hauts fonctionnaires, menée MM. Jacques Attali, Jean-Louis Bianco (…), François-Xavier Stasse, achève de convaincre François Mitterrand de dérèglementer les marchés. « La gauche devait le faire, parce que ce n’est pas la droite qui l’aurait fait » dira plus tard M.Pascal Lamy, conseiller du premier ministre Pierre Mauroy. »

Pascal Lamy est d’ailleurs l’actuel président de l’OMC… Cette réforme passera notamment par la fin du monopole exercé par la Compagnie des agents de change : peu à peu le rôle de broker ou « transmetteur d’ordre » ne sera plus réservé à cette seule corporation étatique. Ainsi l’espace boursier se voit restructuré et pleinement ouvert au secteur privé. La structure qui sera exploitée par la droite a été mise en place par la gauche. Toujours dans le monde diplomatique :

« (…) c’est une définition presque parfaite du néo-libéralisme que prodigue Bérégovoy aux lecteurs de l’AGEFI : « La France a une longue tradition de dirigisme et d’interventionnisme étatique. Les entreprises s’en plaignent : elles y trouvent souvent des protections qui les abritent d’une forte concurrence. Socialiste, l’idée que je me fais de la liberté s’accorde mal avec cette tradition. L’État doit édicter la règle générale qui organise -et permet – le fonctionnement des marchés » ( AGEFI janvier 1985).

Voilà donc pour l’exemple français de l’effet de séduction des marchés exercée sur la gauche : la réponse de Besancenot à ces événements serait “les socialistes sont des pourris, ils sont de droite etc”. Faut-il rappeler qu’en entrant en fonction, Miterrand à appliqué son programme  socialiste à la lettre ? Les finances n’ont malheureusement pas résisté et il a fallu revenir à la réalité. Il y a la quelque chose à réfléchir et non à dénoncer. Un homme politique doit-il s’obstiner à suivre ses convictions, ou bien doit-il composer avec la réalité ? C’est une vraie question.

la gauche américaine et la bourse : à dénoncer !

Continuons avec les démocrates américains : c’est en effet sous Clinton que fut voté une loi essentielle pour la formation de cette crise. Accrochez-vous bien, les protagonistes qui ont créés le problème sont bien-sûr ceux qui sont aujourd’hui en train d’essayer de gérer des solutions. On va ainsi pouvoir constater que les administrations précédant et succédant à celle du « terrible Bush » auront en fait été au moins aussi irresponsables.

Il semble que l’on puisse dégager deux grands moments contribuant à déboucher sur la situation aussi absurde que catastrophique que nous connaissons actuellement. L’abrogation en 1999 du Glass-Steagall Act en serait la première étape : cette loi datant de la crise de 1929 visait à compartimenter le secteur bancaire, ce de façon à éviter l’effet domino en cas de faillite. Les banques de dépôt où vous et moi déposons nos économies ne pouvaient pas spéculer en bourse : elles ne pouvaient pas exercer les activités d’une banque d’investissement. L’ironie veut que cette évolution législative ait été voté en catastrophe pour rendre effective la création du nouveau géant Citigroup, résultat d’une fusion entre Citicorp et Travelers group. Citigroup est aujourd’hui l’une des planches les plus pourries de Wall Street…(et peu importe le bilan-bidon qu’elle publiera d’ici une semaine, cette banque est vouée à la faillite). Un risque systémique est donc né le jour même où ce Glass-Steagall Act fut abrogé. Feu Merill Lynch a aussi participé au lobbying pour cette loi… Ne nous attardons pas sur cet événement, la suite est presque plus croustillante – ou révoltante ?

lawrence-henry-larry-summers

Summers...une belle m...

Il apparaît en effet que Summers, l’actuel premier conseiller économique d’Obama, a joué un grand rôle dans le vote du « Commodity Futures Modernization Act of 2000 ». C’est en effet lui qui a soutenu auprès de Clinton cette réforme proposée à la base par des républicains, le bonhomme était à l’époque secrétaire au trésor… Cette loi avait pour but d’empêcher l’État de surveiller et de réguler toutes les transactions de gré à gré. En d’autres termes, elle avalisait la position toute puissante de l’industrie financière qui pourrait désormais faire des transactions portant sur tout et n’importe quoi, n’importe comment. Cette fantastique loi a rendu possible des scandales aussi énormes que grotesques : pour rappel, un an à peine après le vote de la nouvelle (dé)règlementation, l’affaire Enron éclatait… Concrètement ce texte autorisait différents acteurs du monde financier, tels que les banques ou les assureurs, à procéder eux mêmes à l’évaluation et aux règles d’échanges de tous les produits dérivés. Les CDO qui constituent la plupart des toxic assets, font partie de cette grande famille. Mais les grandes stars de l’opération se sont révélées être les CDS : ces produits ont pu proliférer grâce à cette loi passée par l’administration Clinton et le conseiller d’Obama.

les CDS

Ces Crédit Default Swaps sont assimilables à des sortes de contrats d’assurance. Ils ont cependant deux caractéristiques qui permettent d’expliquer leur croissance démentielle depuis le début des années 2000. Premièrement celui qui émet le CDS, ne doit pas nécessairement être solvable : grâce au « Commodity Futures Modernization Act of 2000 », l’État n’avait en effet plus ni à vérifier ni à s’occuper de tous ces produits dérivés. AIG s’est engouffré sur ce marché au-delà des limites du vraisemblable, ainsi l’assureur a pris des engagements du type : « je m’engage à payer tant, si tel événement n’a pas lieu ». L’événement pourrait par exemple être un prêt immobilier qui n’est pas remboursé. AIG vendait un CDS qui pouvait être considéré comme un contrat du type : « si la personne à qui vous avez prêté de l’argent ne vous rembourse pas, nous AIG payerons à sa place ». La première conséquence de la nouvelle loi était donc que le groupe AIG pouvait distribuer autant de CDS qu’il le désirait. Ainsi, si cette entreprise avait 1 milliard de dollars en réserve, rien ne l’empêchait de s’engager pour 10 ou même 100 milliards. Comment un gestionnaire peut-il prendre des décisions aussi risquées ? C’est simple : il a arrêté de penser par lui même, et a exclu l’idée que le marché immobilier qui porte l’économie américaine puisse un jour ralentir. Je le répète : la 1ère caractéristique explosive des CDS, c’est cette possibilité qu’ont des inconscients de prendre des engagements au-delà des limites du raisonnable.

La deuxième caractéristique explosive est ce qui fait que les CDS ne sont pas simplement des dangers conventionnels, mais bien comme le disait Warren Buffet des armes de destruction financière massive. Ayez bien l’analogie en tête, elle permet de percevoir ce qu’il s’est passé et surtout ce qu’il risque d’advenir. Le deuxième aspect qui procure donc l’effet atomique : n’importe qui pouvait acheter des CDS pour parier sur n’importe quel événement. En d’autres termes il a été possible de s’assurer pour des risques que l’on ne court pas. Cela s’appelle un pari. Telle créance sera-t-elle payée ? Telle accident va t-il se produire ? Etc. Un hedge fund pouvait ainsi se dire : « tiens je parie que Thomson ne va pas pouvoir rembourser l’argent dû à BNP ». Il décide par conséquent d’aller voir AIG ou Citigroup ou dieu sait qui, qui lui vendra des CDS disant : « si Thomson ne rembourse pas les 5 millions dûs à BNP, nous vous verserons 50 millions ». Bien sûr, si Thomson réussit à rembourser, alors le hedge fund a acheté des CDS qui ne lui auront servis à rien. Ce sont des paris, ni plus ni moins. Le côté destruction massive vient du fait que tout le monde s’assurait pour tout et n’importe quoi partout, dans tout les sens. Ensuite imaginez que Thomson n’arrive pas à rembourser 5 millions, au lieu que ce ne soit que 5 millions de perdus, tout les paris pris par rapport à cet événement vont créer une réaction en chaîne. On estime que ces paris représentent aux alentours de 65 000 milliards de dollars. On comprend par exemple pourquoi AIG s’est retrouvé en difficulté  lors de l’émergence de la crise des subprimes : l’assureur a vendu pendant des années des CDS protégeant contre les défauts sur des produits adossés à des prêts immobiliers. Les experts avaient pondu je ne sais quel calcul disant que les chances d’avoir à payer pour les engagements pris via les CDS étaient quasi nulles. Cela n’a pas été le cas : il a fallu verser l’argent dû aux parieurs. Parmi ces joueurs certains avaient peut être achetés des CDS pour se couvrir, mais d’autres était juste en mode « spéculation ».

Avec cette loi votée par des démocrates, la SEC, qui est l’organisme de surveillance étatique de la finance, n’avait donc plus rien à dire sur les déséquilibres mortels que pouvaient engendrer les CDS. Il semble que les prestigieuses agences de notation privées, telles que Standard and Poors ou Moodys auraient pu se pencher sur les comptes de leurs clients de façon un peu plus sérieuse : ces organismes sont en effet censés être là pour détecter les dangers liés à des potentielles insolvabilités. Mais ce ne fut pas le cas : les agences de notations ont donc continué à dire d’AIG : « ça va, super tout va bien ». Ces agences étaient bien sûr employées et donc payées par les entreprises qu’elles bénissaient du sceau AAA, symbole de super-solvabilité. Comme d’habitude, une catastrophe de grande envergure ne peut avoir lieu sans qu’il y ait eu des négligences à tous les niveaux. Ainsi pendant que les américains allaient courir après les armes de destruction massive irakiennes qui n’ont jamais existé – n’en déplaise à Alexandre Adler – des vraies menaces systémiques naissaient aux USA même… Et c’est l’aile gauche qui a mis la main à la pâte. Ce qui apparaît ici, c’est donc une collusion chronique entre l’État américain et Wall Street : il semble que ce soit cela le vrai problème. Comme nous allons continuer à le voir, cette crise est à mon avis moins le résultat de telle ou telle pensée libérale que le résultat d’un État où la bonne vieille séparation des pouvoirs a été reléguée aux souvenirs d’histoire.

Le billet se fait long alors plutôt que de couper les quelques digressions, je continuerai cette réflexion dans un autre post : comme je l’ai annoncé plus haut, nous nous pencherons sur l’interventionnisme de l’État américain qui a à mon avis aggravé la crise. La perméabilité de la sphère financière et de celle du pouvoir politique a en effet débouché sur le phénomène suivant : après avoir demandé la totale autonomie, l’industrie financière n’a pas su gérer sa liberté. Comme un adolescent elle a cherché à repousser les limites en adoptant des conduites à risques. L’État aurait dû jouer le rôle des parents responsables en laissant le jeune marché fougueux assumer ses actes, et en ramassant à la rigueur les pots cassés – c’est à dire les chômeurs. Au lieu de ça, l’État a répondu année après année aux supplications pourtant contradictoires du monde financier qui appelait au secours. Pour gagner de l’argent et prendre des engagements intenables pas besoin de l’État, par contre SOS dès qu’il y a pertes. Il n’y a là aucune perspective d’évolution positive et ce qui fait peur, c’est que ce sont les mêmes Summers et autres Geithner qui sont au pouvoir…l’incohérence est appelé à régner. J’aime bien Obama mais cette erreur de casting est impardonnable.

Wake up Obama ! Kick his ass et vire le vite !

Wake up Obama ! Kick his ass et vire le vite !

A SUIVRE…

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10 Réponses vers “La crise économique et la crise politique : 1ère partie.”


  1. 1 sylvie avril 11, 2009 à 10:38

    bonjour,

    pourquoi pensez-vous que le NPA c’est de la pensée pré-mâchée ?

    j’ai lu leur programme et je l’ai trouvé critique et réaliste

    c’est ici :

    http://www.npa2009.org/content/r%C3%A9solution-g%C3%A9n%C3%A9rale-situation-politique-et-sociale

    merci de votre réponse

  2. 2 Walter Bunker avril 12, 2009 à 3:21

    bonjour,

    Il me semble que je donne plusieurs éléments de réponses dans ce post. J’indique plusieurs éléments qui montrent que ce n’est pas plus un système qu’une collusion entre les financiers et les politiques qui est en cause…
    Par conséquent, il ne faut pas nécessairement en finir avec le capitalisme : les copinages entre hommes de pouvoir, ce n’est pas propre à un système.
    Je parle aussi de Mitterrand qui est arrivé au pouvoir avec les communistes : au bout de quelques années il lui a fallu faire face aux réalités etc. Je pose d’ailleurs une question à ce sujet qui est à mon avis intéressante.

    Quand on l’écoute Besancenot fait dans le simplisme…

    Mais je vais regarder le programme en détail, ça m’intéresse !
    Comme j’assimilais les extrêmes, il serait d’ailleurs peut être intéressant de comparer le programme du NPA avec celui du FN.
    cordialement,
    WB

  3. 3 Walter Bunker avril 12, 2009 à 3:41

    heu…je viens de jeter un oeil…

    c’est de la penséé prémâchée quand on fait des promesses de ce type :

    *

    Interdiction des licenciements, sous peine de réquisition publique, et partage du travail entre tou-te-s sans diminution de salaires ; poursuite de la production sous contrôle des salarié-e-s. Pour les entreprises qui se révèlent réellement en difficulté, le financement sera assuré par un service public bancaire, avec une cotisation spéciale acquittée par l’ensemble des actionnaires. Maintien du salaire en cas de chômage technique financé par le même fonds.
    *

    Augmentation des salaires, retraites et minima sociaux : 300 euros de plus par mois, pas de salaire ni de revenu inférieurs à 1500 euros nets, indexation des salaires sur les prix. Transformation systématique des emplois précaires en emplois stables (dans le privé) ou à statut (dans la fonction publique).

    Le salaire, c’est aussi le salaire socialisé financé par les cotisations de sécurité sociale. Nous exigeons la suppression des exonérations de cotisations sociales pour les patrons, et paiement de la dette de l’État à la sécurité sociale.

    Dans le cadre d’une sécurité sociale solidaire :

    - l’assurance maladie doit prendre en charge à 100 %, sans avance de frais, l’ensemble des soins et compenser intégralement les pertes de salaire pour maladie ;

    - les retraites par répartition doivent permettre à chacun-e de bénéficier après une durée maximum de cotisation de 37,5 annuités, à 60 ans maximum (55 ans pour les travaux pénibles), d’une retraite complète correspondant à 75 % du meilleur salaire, et dans tous les cas égale au SMIC. Autogestion par les assurés sociaux de la sécurité sociale, sans intervention de l’État ni du patronat.

    *

    Réduction massive et progressive du temps de travail hebdomadaire à 35 heures, et vers les 32 heures.
    *

    Mise en place d’une allocation pour les jeunes pour étudier et être autonomes.
    *

    Suppression de la TVA sur les produits de première nécessité. Mise en place d’un impôt fortement progressif sur les revenus.
    *

    Logement : arrêt des expulsions ; arrêt des démolitions dans le cadre de l’ANRU ; arrêt des coupures d’eau, de gaz et d’électricité ; réquisition des immeubles et logements vides ; construction massive de logements sociaux à hauteur des besoins ; gel des loyers ; désenclavement des quartiers par le développement des transports publics.
    *

    Sauvegarde et développement des services publics et arrêt immédiat de la privatisation de la poste et de la santé. Défense du service public d’éducation. Nationalisation de l’industrie pharmaceutique. Fonds publics à l’école publique.
    *

    Crédit gratuit, annulation de leurs dettes pour les travailleurs qui exploitent seuls leurs propres moyens de production, les petits commerçants, artisans, paysans qui sont dans le besoin.
    *

    Annulation des dettes des salariés et chômeurs, en premier lieu victimes du surendettement. Garantie des dépôts et livrets d’épargne des catégories populaires.
    *

    Réquisition des profits et dividendes des actionnaires.
    *

    Nationalisation (dans le sens de socialisation) sans rachat ni indemnité de tous les organismes bancaires, expropriation de leurs actionnaires, unification en un seul service public bancaire (si possible européen) sous le contrôle des travailleurs et de la population qui doivent pouvoir ainsi orienter les investissements en direction de la satisfaction de leurs besoins.

    Pour que ce contrôle s’exerce, il faut l’ouverture des livres de comptes, des grandes entreprises du privé comme de l’État, l’abolition du secret bancaire. Cela suppose aussi l’interdiction des paradis fiscaux et de sanctionner ceux qui les utilisent pour maximiser leurs profits (évasion fiscale, etc.), et la suppression du système boursier.

    blablabla,

    ça continue avec tout les secteurs,

    financer avec quoi :

    “faire supporter le coût de la crise aux capitalistes qui en portent la responsabilité”

    ah oui super…

    mais même si le NPA arrive à saisir l’ensemble des bénéfices du CAC 40, ainsi que les salaires des grands patrons…ça ne financera même pas ces quelques réformes qui sont un extrait du programme.

    Ne pensez vous pas que ça se saurait si on pouvait demain dépenser 5 fois le budget de l’Etat pour rendre tout le monde heureux ?

    Je maintiens donc que c’est prendre les gens pour des cons.
    D’ailleurs ils ne parlent pas des chiffres ces vendeurs de rêves…

    sans intérêt tout ça,
    ce qu’il dénoncent en préambule ce n’est pas plus intelligent que ça, pour faire un peu de provoc je dirais même que c’est inspiré du discours de sarko à Toulon…

  4. 4 Déflation avril 15, 2009 à 8:54

    N’étant ni de droite ni de gauche mais tout de même un peu à droite.
    Attendons la suite ça va être assez cocasse.
    On va pas crier à la victoire quelques jours de hausses après cette cuisante déconfiture.
    Ce n’est pas en masse 5 fois le budget de l’état mais 100 X le budget, quand les banques vont se jeter sur la bête.
    alors le NPA il est bien timide à mon avis…

  5. 5 bob1er avril 16, 2009 à 10:47

    LA CRISE ECONOMQUE
    La crise économique, qui commence à secouer le monde, paraît donner un coup de sabre à l’illogique. Cela doit être bénéfique à Dame Nature. Le constat actuel sur la baisse de la production automobile est un premier pas. L’augmentation du prix de l’essence en est un second. Cette anomalie, entachant l’économie mondiale, s’avère un atout pour la dépollution de l’air de notre atmosphère et consolide la technique d’élimination du plomb de l’essence automobile, qui n’attirera plus beaucoup notre attention. L’utilisation du transport public des personnels, est plus qu’à encourager. L’utilisation des moyens de locomotion individuels sans moteurs tels les bicyclettes et tandems, joue un rôle dans l’équilibre budgétaire des ménages. L’emploi des bêtes de somme et de trait ne rivalisent plus le vélo, puisqu’il faudrait nourrir ces montures herbivores. Le cycliste, lui ne se restaure pas plus qu’à l’accoutumée pour fournir l’effort des pédales. Au contraire, le fait de pédaler permet d’éliminer le surplus de graisse qu’emmagasine son corps. La marche aussi joue un rôle primordial dans le maintien de la forme physique de l’être humain. Mais le facteur temps nécessite à l’homme plus de précautions dans son bon emploi ; tout individu devant se déplacer à pied d’un endroit à un autre devra partir plus tôt que lorsqu’il fait le trajet par les moyens habituels de transport. La ponctualité est à respecter.

  6. 6 KKish juillet 4, 2009 à 11:21

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