
don't ask why
J’ai pas mal couru ces derniers jours, mais j’ai aussi mis un peu d’ordre dans ma tête. Je suis parti dans la dette américaine et j’hésitais à développer là-dessus pour revenir ensuite sur la question “inflation ou déflation“. En fait, demain je posterai sur l’inflation/déflation. J’insisterai sur la réalité (paradoxale) du spectre déflationniste. Dans les billets qui suivront, mon but sera de tenter de clarifier un peu ce qui se passe au niveau du financement de la dette américaine : j’essaierai de synthétiser les infos dont je dispose à ce propos…qui achète des T-BONDS ? Quelle semble être l’attitude la Chine ? Qui continue à mettre des sous dans la machine ? Combien ? etc. Des faits plutôt que des lieux communs quoi !
Comme je l’ai déjà dit, je laisse de côté au moins temporairement le suivi du CAC 40 : pour moi rien n’a changé depuis mon dernier point. Je ne joue pas cette hausse, je ne vais pas commencer à faire des paris hasardeux aujourd’hui. Si je me souviens bien, je suis liquide depuis environ 2900 points…encore une fois : gare à ceux qui interpréteront comme retournement quelques séances de baisses. Je maintiens l’échéance des stress tests comme décisive, mais je pose une option pour une issue positive : ils ne nous auraient pas fait attendre si longtemps ce n’était pas pour nous la faire à l’hollywoodienne. Le scénario typiquement américain pourrait ressembler à quelque chose comme ça : “les gentils banquiers ont affronté des périls incroyables mais tout est bien qui finit bien. Les méchants toxic assets ont été pulvérisé par les superpouvoirs des FEDMEN, qui sont donc retournés dans leur caverne (des ordis à Citigroup ? ) et puis voilà”, tout va mieux : c’est le printemps, c’est le regain, c’est le rebond.
Là le conard de service ajoute :
“Heu…il n’y a pas souvent un second et un troisième volet avec les grosses productions américaines ?”
Bref…vous saisissez non ?
De façon plus explicite je résumerais la situation de la façon suivante : les autorités US ont mis le paquet. Le gros paquet : ils ont posé les couilles de l’économie américaine sur la table en disant “on relance, on fluidifie, on va renflouer, nettoyer, karcheriser, déverser de la thune par tous les bouts…etc. Tout ça se finance en se portant garant : si ça ne marche pas on vous les donne ces couilles, elles ne nous serviront plus à rien. On met tout, on a tout mis”…
Solution de la dernière chance, ce ne sont pas les ultimes alternatives…mais les cartouches se font rares et la winchester à dollars de l’oncle Sam va finir par s’échauffer. Si tout cela échoue, les solutions à suivre ce ne sera pas à coup de canon à dollars, ce sera plutôt à coup de coups de pressions diplomatiques, voire à coups de canon tout court.
Alors dans une situation où le maximum (et même l’inimaginable ) a été fait, il n’est pas étonnant que les marchés en profitent pour reprendre de l’altitude. Cela arrange autant ceux qui ont de l’espoir que ceux qui veulent en profiter pour larguer ce qu’ils avaient gardé en octobre-novembre.
Ensuite on peut envisager que l’équipe Obama a été efficace. On peut envisager que comme le dit Bernanke, la sortie de la récession nous attend à la fin de l’année. Si c’est le cas je ne bouderai pas comme ceux qui sont avides d’écroulement total : non, je leur tirerai mon chapeau à ces banquiers-politiciens…parce que vraiment je n’aurais pas osé pondre un plan Geithner. Ce n’est même pas l’immoralité du processus qui m’aurait empêché de le pondre, c’est son côté grotesque-gigantesque. Je n’ai pas les couilles de l’oncle Sam que voulez-vous ! Jamais je n’aurais pensé que l’adoption d’un tel plan se fasse sans un risque révolutionnaire. Enfin quoique…si j’avais vraiment été dans la situation du secrétaire au Trésor américain, je me serais peut-être souvenu que personne n’a moufté quand Bush a décrété qu’il avait gagné une élection en la perdant…
Alors voilà, prudence…rien ne se passe jamais comme on s’y attend : il faut bien garder en tête que le futur n’est pas écrit d’avance. Même ceux qui balançaient des vérités catastrophiques commencent à opter pour une “cover your ass” attitude. Post après post, Roubini fait miroiter doucement une pseudo lumière au bout du tunnel…il n’a peut-être pas tort, mais il faut bien garder à l’esprit que c’est éventuellement un train arrivant à contre-sens.
J’espère que l’on arrivera peu à peu à y voir plus clair sur les perspectives qui s’annoncent. Ce que j’ai annoncé plus haut devrait se révéler très intéressant pour imaginer la suite, sans tomber dans les banalités que l’on lit de forums en forums et de blogs en blogs.
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La Banque d’Angleterre a fait savoir qu’elle augmenterait ses achats d’actifs de 50 milliards de livres, portant ce programme à 125 milliards de livres (141,35 milliards d’euros). Elle a en outre laissé son taux d’intervention inchangé à un niveau historiquement bas de 0,5 %, pour le deuxième mois consécutif.
La BoE a déjà racheté pour plus de 50 milliards de livres d’actifs, essentiellement des emprunts d’Etat, pour redonner des couleurs à l’économie britannique, frappée par la récession. Elle était bien partie pour boucler début juin au plus tard le programme original d’assouplissement quantitatif.
La livre a baissé et les futures des gilts ont fortement monté après cette annonce, réduisant de moitié leurs pertes, les intervenants étant soulagés que la banque centrale poursuivre son programme au-delà de ce qui avait été annoncé.
“Que le taux d’intervention ait été maintenu à 0,5 %, voilà qui n’a rien d’étonnant; mais on est un peu pris de court par la décision d’augmenter de 50 milliards de livres l’objectif d’assouplissement quantitatif”, explique l’économiste Philip Shaw (Investec).
“On pensait plutôt que le Comité de politique monétaire attendrait d’avoir bien évalué les retombées du programme en cours plutôt que de l’étendre directement”.
La banque centrale a réduit son taux directeur de 4,5 points depuis octobre, la Grande-Bretagne subissant sa première récession depuis le début des années 90.
La BoE a fait savoir jeudi qu’il lui faudrait trois mois de plus pour boucler le programme et que son ampleur ferait l’objet d’un examen permanent.
Les mesures de relance marcheront mais sans que l’on sache exactement dans quel délai, constate par ailleurs la Banque d’Angleterre. Elle pense que l’inflation tombera en deçà de son objectif de 2,0 % dans le courant de l’année. Elle était de 2,9 % en mars.
http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=a4b05133e960590b311e885d71be18f3
La Banque d’Angleterre injecte donc 100 milliards de livres. Est-ce que ces 100 milliards de livres vont passer dans l’économie réelle ?
Si oui, est-ce qu’ils vont provoquer de l’inflation en Angleterre ?
100 milliards de livres ou 125 milliards de livres, l’article n’est pas clair.
Intéressant,
Le but de l’Angleterre le même que les US, rembourser les créanciers en monnaie de singe…donc là même si je vois les trucs hyperdéflationnistes, je pense quand même qu’ils iront jusqu’au bout, jusqu’à ébranler leurs monnaie de façon bien musclée.
C’est efficace sur le court terme, mais sur le long terme…surtout pour le dollar, ces monnaies de pays qui ne veulent rembourser avec de l’argent sous évalué ne retrouveront jamais leur place prépondérante.