Il ne faut pas oublier que le pape est un chairman comme un autre, il a une boîte à gérer et à part le fait que les stock-options sont censées être livrées post-mortem, il n’y a pas grande différence entre le souverain pontife et les pontes de Wall Street. Ah si, c’est vrai, il a la particularité d’être élu au cours d’un board extraordinaire à la fin duquel on fait de la fumée blanche pour signifier aux actionnaires spirituels qu’un nouveau boss est dans la place. Sinon, as usual chaque changement dans la direction correspond à des réformes et des changements de stratégie. Certains continuent ce qu’avait commencé leurs prédécesseurs, ce qui assure une continuité, mais d’autres préfèrent rompre avec certains principes : ils se lancent alors en terre inconnue.
Les années 60 ont été le théâtre du concile de Vatican II : le but était de créer un renouveau via un marketing qui tiendrait compte à la fois du contexte et des évolutions à venir. Une refonte du packaging s’était traduite par des réformes dans la liturgie, où le fidèle serait appelé à participer de manière plus active aux cérémonies. Autre point de la réforme, parmi tant d’autres qui formaient alors le symbole d’une Église qui se réveille, il serait désormais possible au clergé d’adapter le produit selon les régions où il est distribué. Mc Donald aurait pu s’inspirer de cette procédure de rapprochement vers la culture du consommateur : si le géant du fast food s’adapte aujourd’hui selon les pays, il se sera néanmoins montré peu visionnaire car il a fallu que des restaurants soient saccagés, notamment en Inde, pour qu’il comprenne qu’il fallait composer avec les traditions locales -dans cette exemple précis, le burger à base de boeuf était à bannir. La stratégie initiée par Vatican II était donc visionnaire et assez avancée, pourtant elle s’est soldée sur un échec.
Si beaucoup de jeunes catholiques occidentaux de l’époque étaient très enthousiastes à ces idées de changements et à l’ouverture en cours, il faut néanmoins constater qu’il y a eu embrouille par la suite. Les méthodistes et autres pentecôtistes ont en effet pillé les réserves de fidèles : ils ont par exemple détournés la clientèle catholique d’Amérique du sud en masse, avec des stratégies marketing aussi offensives qu’agressives, publicités, shows radios puis télévisés etc. Dans le même temps, les babas cools cathos qui étaient ravis du vent de fraîcheur qui soufflait après Vatican II ont arrêtés de pratiquer. Continuer la lecture ‘Benoit XVI, un PDG comme un autre…’
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